Langues de travail

Comprendre et parler une langue sont deux notions différentes. Cette différence est la clef du classement que les interprètes de conférence font de leurs langues de travail.

Non seulement les interprètes parlent parfaitement leur langue maternelle mais ils comprennent parfaitement une ou plusieurs autres langues et les cultures qui les sous-tendent. Il se peut qu’ils ne parlent pas toutes ces langues avec la même aisance.

Même lorsque l'on s'exprime dans sa langue maternelle, on a parfois le sentiment que l'on peine à trouver le mot exact pour exprimer ce que l'on veut dire. Cela est plus difficile encore dans une langue étrangère. L'interprète, quant à lui, doit toujours trouver le mot juste en toutes circonstances même si celles-ci sont difficiles.

Comment classons-nous les langues de travail ?

L'interprète doit être capable de transposer un message d'une langue dans une autre très rapidement surtout lorsqu'il travaille en simultanée dont le rythme peut être très soutenu. Il doit comprendre rapidement, réfléchir rapidement et parler naturellement.

Les interprètes s'expriment mieux et plus naturellement dans certaines langues que dans d'autres :

  • les langues dans lesquelles ils s'expriment naturellement sont appelées les langues actives.
  • les langues qu'ils comprennent parfaitement mais qu'ils ne parlent pas naturellement sont appelées langues passives.

Langues A, B et C

Les langues de travail des interprètes sont classées en 3 catégories - A, B et C – comme suit :

  • La langue A est la langue maternelle (ou son équivalent) dans laquelle l'interprète traduit à partir de toutes ses autres langues de travail en consécutive et en simultanée. Il s'agit de la langue dans laquelle il s'exprime le mieux et dans laquelle il n'a aucune difficulté à exprimer y compris des idées complexes. Du point de vue de l'interprète, il s'agit d'une langue active.

  • La langue B est une langue dans laquelle l'interprète s'exprime naturellement sans qu'elle soit sa langue maternelle. Il peut traduire dans cette langue (ces langues) à partir de l'une ou plusieurs de ses langues de travail mais il a la faculté de choisir le mode d'interprétation (consécutive ou simultanée). Du point de vue de l'interprète, il s'agit également d'une langue active.

  • La langue C est une langue parfaitement comprise par l'interprète mais dans laquelle il ne traduit pas. Il interprète à partir de cette langue (ces langues) dans sa langue active (ses langues actives). Du point de vue de l'interprète, il s'agit, donc, d'une langue passive.

Comment s'applique ce classement à une conférence ?

Dans une conférence, les langues parlées par des orateurs prononçant un discours ou faisant un exposé et écoutées par le biais de l'interprétation par les participants sont l'image réfléchie du classement qui s'applique aux interprètes. Du point de vue de la conférence, les langues parlées par les participants sont les langues actives et les langues écoutées par le biais de l'interprétation sont les langues passives.

Si vous organisez une conférence nécessitant l'interprétation, on vous demandera quelles sont les langues actives et quelles sont les langues passives de la conférence, à savoir : quelles seront les langues parlées par les participants et qui devront être interprétées dans quelle(s) langue(s) pour les participants qui écouteront l'interprétation.

Une équipe d'interprètes sera ensuite constituée de manière à ce que leurs langues de travail correspondent à vos besoins. Cette opération n'est pas des plus simples surtout si de nombreuses combinaisons de langues sont concernées. N'hésitez pas, dès lors, à demander à un interprète conseil de vous aider.


Recommended citation format:
AIIC. "Langues de travail". aiic.net November 28, 2011. Accessed December 16, 2017. <http://aiic.net/p/4104>.