Célebration du cinquantenaire de l’AIIC à Berlin

Lorsque le Ministère des Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne a quitté Bonn pour Berlin, il a dû apporter un peu de l’esprit du Carnaval dans la plaine de Brandebourg. Pendant l’espace d’une soirée, lors des festivités marquant le cinquantième anniversaire de la fondation de l’AIIC, le monde était à l’envers, les interprètes étant sous le feu de la rampe, tandis que leurs clients de longue date rendaient hommage à une profession qui habituellement met son point d’honneur à rester invisible.

Propulsés maîtres de cérémonie, des polyglottes diligents ont apporté la preuve de ce que nous soupçonnions tous en secret : le meilleur moyen d’organiser une conférence est de laisser faire les interprètes. Il est vrai que peu avant le jour fatidique, les organisateurs ont eu quelques sueurs froides, craignant que la liste des invités ne dépasse la barre des 200 personnes et ne fasse déborder l’Europasaal, mais contrairement à certaines rumeurs, les collègues berlinois n’ont pas été tenus de réduire leur consommation de champagne. Les langues allaient bon train, de vieux amis heureux de se retrouver devant un excellent buffet ou s’esclaffant devant les portraits d’interprètes croqués sur le vif avec tant de justesse par un membre de notre profession, caricaturiste à ses heures.  La région allemande était venue en force, sans doute attirée par ce double programme, l’assemblée étant programmée pour le week-end., mais de nombreux amis de notre profession étaient là aussi  – des clients, des professeurs, des journalistes, d’anciens collègues et des jeunes aspirants à la profession. Des membres de l’AIIC sont même venus des coins les plus reculés de l’Europe comme Lisbonne ou Sutton Coldfield pour partager un peu  notre histoire commune.

Le Ministère des Affaires étrangères a fait plus que de fournir aimablement un cadre à la hauteur de l’occasion.  jAAzz , l’orchestre constitué par des membres du ministère,  a révélé de rares talents musicaux.  Mais c’est surtout la discussion, l’événement principal  de la soirée, qui opéra ce renversement des rôles entre la communauté des interprètes et le monde de la politique, de l’économie et des finances que nous servons, avec des femmes et des hommes appartenant à la scène publique et témoignant de leur reconnaissance envers notre profession.

Jörg Moberg, Director of Sales, Fidelity Investment Services GmbH; His Excellency Mr. Andrzej Byrt, Ambassador of the Republic of Poland; Jennifer Mackintosh, President of AIIC; Martin Schulze, Phoenix TV (moderator); Cornelia Schmalz-Jacobsen, former Federal Government Commissioner for Foreigners' Issues; Hans-Dietrich Genscher, former Federal Minister for Foreign Affairs;  Nobert Glante, MEP

Le sujet en était “Compréhension : le rôle de l’interprète dans la communication d’aujourd’hui et de demain”. Martin Schulze, journaliste à la TV, dirigea la discussion avec beaucoup de bienveillance à l’égard de notre profession, il alla même jusqu’à suggérer  de décerner collectivement le prix Nobel de la paix aux interprètes. Se référant à des scénarios de communication plutôt qu’aux problèmes de langues, il interrogea les membres de panel sur les rapports qu’ils cherchaient à établir avec leurs interprètes. Avec l’ancien Ministre des Affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher, il discuta de l’importance de la confiance dans les réunions diplomatiques sensibles, avec Norbert Glante, député européen, comment  le fait de travailler avec des interprètes peut renforcer la rhétorique parlementaire,  et avec Jörg Moberg appartenant au monde de la haute finance, de la valeur que représente un interprète bien informé pour les clients du monde des affaires. (Heureusement, Jenny Mackintosh était aussi membre du panel pour rappeler que les interprètes n’aimaient rien de mieux que d’être initiés à la matière par un client et qu’autrefois il était d’usage d’être rémunéré pour un bon briefing.) Andrzej Byrt, Ambassadeur de  Pologne en Allemagne s’est souvenu de ses expériences d’interprète de sa jeunesse et des vicissitudes de la communication interculturelle. Cornelia Schmalz-Jacobson, autrefois Commissaire Fédérale pour les résidents étrangers (et fille d’une des fondatrices de l’AIIC), a fait remarquer qu’une telle communication était encore sous-estimée dans de nombreux secteurs de la société. Notre présidente a évoqué les défis futurs – élargissement de l’EU, visioconférences – et tout au long des 90 minutes de ce débat animé, elle est restée la gardienne vigilante à la langue bien pendue de nos normes professionnelles et de la bonne santé des interprètes. Ces 90 minutes passèrent trop vite et dans la bonne tradition des conférences, l’animateur a interrompu la discussion alors que tout le monde était encore passionné par le sujet. Flatté par tant d’attention bienveillante, le public des interprètes s’est à nouveau retiré dans l’ombre. Nombreux sont ceux qu’il faudrait remercier. Nous le faisons de façon anonyme.



Version française: Anny Erbel
Photographe : Christa Zander
Région Allemagne: www.aiic.de

Recommended citation format:
Katherine VANOVITCH. "Célebration du cinquantenaire de l’AIIC à Berlin". aiic.net December 15, 2003. Accessed June 18, 2019. <http://aiic.net/p/1325>.



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Manuel Sant'Iago Ribeiro

   

It was a pleasure to treck all the way from Lisbon, a remote corner indeed but one wherefrom many a treck started ;-) ... if only all of them had been as enjoyable as this one, thanks to the hospitality and stimulating pannel the German region was kind enough to put together. Many thanks!!

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