Quelques « ficelles » pour les débutants

Les premiers pas dans le métier

Faites savoir à vos employeurs potentiels et aux collègues de votre région:

  • que vous avez achevé votre formation et que vous êtes disponible;
  • quelle est votre combinaison linguistique;
  • comment on peut vous joindre.

N’attendez pas que les contrats vous soient offerts sur un plateau d’argent : c’est à vous de prendre les devants:

Faites-vous connaître:

  • Des Organisations Internationales (qui utilisent vos langues) dans le monde entier;
  • Des employeurs locaux, ainsi que des groupements et secrétariats d’interprètes;
  • De tous vos collègues (et pas seulement de ceux qui ont la même langue active que vous);
  • Ne vous limitez pas à votre région.

Gagnez une expérience professionnelle et solide

  • Contrôlez vos prestations : exercez-vous à la consécutive et faites de la cabine muette avec des collègues;
  • Tenez-vous toujours informé de l’actualité nationale et internationale;
  • Apprenez à connaître le jargon des interprètes: option, offre ferme, manque à gagner, relais, pivot;
  • Sachez vous conduire correctement en cabine: les “bonnes manières” en cabine;
  • Tenez toujours à jour votre agenda.

Suivez et appliquez avec rigueur les principes de la profession

Les interprètes de conférence sont regroupés au sein d’associations à l’échelon national (souvent en compagnie des traducteurs), et sur le plan international au sein de l’AIIC.

Depuis sa fondation, en 1953, l’AIIC a formulé un Code d’éthique professionnelle et des Normes professionnelles; elle a aussi négocié plusieurs Accords avec de grandes organisations internationales, et elle a publié un large éventail d’aide-mémoire, de travaux de recherche et de conseils adressés aux utilisateurs.

Ses activités importantes en matière de formation d’interprètes de conférence sont une référence pour tous les cours d’interprétation de niveau universitaire et de post-graduation.

L’industrie des conférences: l’interprétation dans son contexte

L’organisation et le déroulement d’une réunion ou d’une conférence sont toujours à peu près similaires, quelle que soit l’échelle de la manifestation. N’oubliez jamais qu’un interprète de conférence fait partie d’une équipe.

La tâche de l’interprète consiste, en un mot, à permettre une communication précise et efficace par-delà les barrières des langues. Ceci dit, la tenue d’une conférence sous-entend l’interaction de plusieurs facteurs. La réussite de la réunion exige la collaboration efficace de tous les acteurs.

Pour chaque engagement, l’interprète doit recevoir un contrat qui comporte des informations sur la conférence et mentionne les conditions de travail et de rémunération. Le contrat lie le client comme l’interprète. C’est le maillon clé de la relation de travail.

Un homme averti en vaut deux : pour vos premiers pas et vos premiers contrats auprès d’organisations internationales, nous avons rédigé quelques consignes et réuni plusieurs informations utiles uniquement adressées aux interprètes.

Pour en savoir plus: Série Premier Contrat auprès des organisations internationales

Comment gérer votre carrière

La carrière d’un interprète ne suit pas une voie toute tracée, de même qu’elle ignore les promotions régulières qui sont la règle à l’université ou dans la fonction publique.

L’univers des conférences se compose de marchés différents :

  • Le marché privé national: enterprises, organismes gouvernementaux;
  • Le marché privé international : associations commerciales internationales, sociétés multinationales, sociétés de télévision, manifestations sportives internationales;
  • Le marché institutionnel international: organisations internationales, gouvernementales et non gouvernementales.

Quelles sont les possibilités qui s’offrent à vous?

En fonction de votre combinaison linguistique, de votre lieu de résidence et de vos préférences personnelles, vous pouvez choisir de travailler comme « free-lance » – en indépendant – ou comme interprète permanent dans une organisation.

Comment accéder à ces marchés ?

  • Tirez parti des contacts que vous avez noués pendant votre formation;
  • Prenez contact avec les interprètes-conseil qui recrutent des équipes d’interprètes dans votre région; faites-vous connaître des groupements locaux d’interprètes;
  • Présentez-vous aux collègues qui ont la même combinaison linguistique que vous;
  • Les organisations internationales qui ont besoin d’interprètes avec votre combinaison ont certainement un service d’interprétation que vous pouvez contacter : Union Européenne, ONU et organisations des Nations Unies.

Une fois installé, vous déciderez peut-être de devenir vous-même interprète-conseil. Les interprètes-conseil recrutent des équipes d’interprètes pour toute une gamme de clients. C’est un travail qui exige de l’expérience, du bon sens, des aptitudes aux contacts humains et un certain sens des affaires; il importe d’être prompt à la détente, de réfléchir vite et d’avoir un sens très précis de la déontologie, ainsi qu’un professionnalisme à toute épreuve. Il est indispensable pour être interprète-conseil de bien maîtriser tous les aspects de l’organisation d’une conférence (préparation de devis et de contrats, questions juridiques et techniques, et ainsi de suite).

Lectures conseillées:

Comment réagir à une offre de travail (et quand faut-il dire “non”)?

La première étape:

  • Etudiez les informations que vous avez reçues ou que l’on vous demande de donner.
  • Demandez conseil à un collègue plus chevronné.

La deuxième étape:

  • Répondez le plus rapidement possible à toute proposition.

Sur quels critères fonder votre décision:

  • Etes-vous disponible?
  • Avez-vous la combinaison linguistique requise?
  • Les conditions qu’on vous propose sont-elles acceptables?

Un signal d’alerte doit retentir dans les cas suivants:

  • On ne vous propose pas de contrat écrit;
  • La composition de l’équipe laisse à désirer : les langues ne sont pas couvertes comme il convient, l’effectif ne correspond pas à la charge de travail, ou encore l’organisateur reste très vague lorsqu’on lui demande des informations sur les autres membres de l’équipe;
  • Les conditions de travail paraissent douteuses : pas de documents pour préparer la réunion, honoraires insuffisants, pas d’indemnité journalière de subsistance pour un engagement hors du domicile, pas d’informations précises sur les journées de travail ou de voyage, ou encore cabines et matériel ne correspondant pas aux normes internationales agréées.

Notre liste aide-mémoire de questions à poser peut vous servir à prendre la bonne décision lorsqu’une offre de travail vous est faite, quelle que soit son origine.

Evitez les déconvenues: quelques écueils courants

Il est tout naturel que vous souhaitiez accepter les offres qui vous sont faites, travailler le plus possible et rendre service aux personnes qui vous sollicitent. Ceci dit, accepter des compromis sur les conditions de travail risque, à long terme, d’avoir de fâcheuses conséquences.

Faute d’être très vigilant, vous risquez de connaître bien des mésaventures. Quelques exemples :

  • Vous vous retrouvez seul en cabine pendant une matinée, voire une journée entière;
  • On attend de vous que vous travailliez dans des langues qui ne font pas partie de votre combinaison linguistique ;
  • Les cabines sont séparées par des rideaux (sans isolation phonique digne de ce nom);
  • Les cabines sont face à un mur, avec vue sur un seul et unique écran de télévision qui transmet la réunion pour les 5 cabines;
  • Il n’y a pas de technicien sur place;
  • Pas de cabine d’interprétation : on vous installe dans la cabine du technicien, coincé entre les commandes d’éclairage et la console du son;
  • Et la liste, hélas !, ne s’arrête pas là…

Ce type d’expérience peut être très déplaisant, voire traumatisant. Si cela vous arrive, sachez que vous n’êtes pas le premier à être victime d’une offre de travail douteuse. En cas de doute, demandez TOUJOURS conseil à un collègue chevronné.

Vous n’êtes pas seul – l’AIIC est là pour vous soutenir

Votre concentration et la qualité de votre prestation dépendent de vous, certes, mais aussi de vos conditions de travail.

De toute évidence, il n’est pas inutile de connaître un peu le domaine de l’organisation de conférences, sur le marché privé national et international, ainsi que les organisations internationales et les collègues avec lesquels vous travaillez. Ce qui nous amène au réseau que constitue l’AIIC.

L’AIIC, l’Association internationale des interprètes de conférence, a été fondée en 1953, à une époque où la profession était encore balbutiante. Son siège est à Genève (Suisse). Elle compte aujourd’hui dans ses rangs plus de 2700 membres dans plus de 80 pays. Pour un interprète, être membre de l’AIIC est un gage de professionnalisme et de qualité.

Si vous envisagez de poser votre candidature, les interprètes de l’AIIC seront heureux de vous conseiller et de vous appuyer.

Quelles sont les activités de l’AIIC?

L’AIIC est la seule association d’interprètes de conférence reconnue à l’échelle internationale.

L’AIIC représente la profession dans son ensemble. Elle est devenue au fil des ans une référence, pour ses membres, mais aussi pour les non-membres et pour tous les utilisateurs de services d’interprétation.

Depuis 1953, l’AIIC a défini des normes concernant la profession dans plusieurs domaines : conditions de travail, formation et matériel d’interprétation simultanée.

Ces normes sont en vigueur aux Nations Unies, à l’Union Européenne et dans la quasi-totalité des organisations intergouvernementales qui font appel à des interprètes de conférence. L’AIIC négocie aussi les conditions de rémunération et les autres conditions financières avec des organisations internationales du monde entier au nom de tous les interprètes free-lance, qu’ils soient membres de l’Association ou non.

L’AIIC a édicté plusieurs codes de bonne pratique qui s’appliquent en particulier au travail sur le marché privé (hors des grandes organisations internationales). Ces codes contribuent à instaurer de bonnes conditions de travail pour les interprètes de conférence et à garantir le respect universel de principes stricts et de normes professionnelles. Ils couvrent notamment les domaines suivants :

L’AIIC publie aussi des conseils et recommandations à l’intention des organisateurs de conférence; elle suit avec attention l’évolution des techniques et publie des listes aide-mémoire concernant les salles de réunion ainsi que des conseils aux orateurs.

Les membres de l’AIIC réalisent des études sur divers aspects de la profession, entreprennent des projets de recherche en matière de formation et s’attachent à diffuser et faire respecter des normes professionnelles strictes.

L’AIIC est aux avant-postes dans les domaines suivants :

  • Formation d’ interprètes de conférence et formation de formateurs;
  • Recherche pluridisciplinaire sur les processus cognitifs;
  • Cours de remise à niveau pour professionnels en exercice;
  • Elaboration de normes techniques pour le matériel d’interprétation simultanée;
  • Définition et reconnaissance de la profession au moyen d’une recommandation de l’Unesco;
  • Promotion de la profession lors de manifestations internationales.

Quel que soit votre lieu de résidence, vous trouverez des interprètes membres de l’AIIC dans votre région. Sur le plan local, les membres de l’AIIC ont tissé des liens avec d’autres organisations qui représentent la profession dans leur pays (syndicats, associations de traducteurs et d’interprètes).

Ne vous sentez pas isolé au seuil de votre carrière d’interprète : nous sommes là pour faciliter vos premiers pas dans le métier et vous aider à agir d’emblée avec professionnalisme. L’adhésion à l’AIIC sera la meilleure manifestation de votre engagement à l’égard de la profession que vous avez choisie.

Comment devenir membre de l’AIIC:

N’hésitez pas à prendre contact avec nous. Nous serons heureux de recevoir vos questions et vos remarques.


Recommended citation format:
VEGA Network. "Quelques « ficelles » pour les débutants". aiic.net January 25, 2005. Accessed July 18, 2018. <http://aiic.net/p/2526>.



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