Message du Président à la sectorielle UE, 27 mai 08

Chères et chers collègues,

J'ai demandé à notre Vice-président Michel Lesseigne de bien vouloir vous donner lecture de ce message, car des obligations impératives à l'autre bout de l'Europe m'empêchent d'être personnellement parmi vous ce soir. En ma qualité de Président,  je considère qu'il est de mon devoir d'attirer votre attention sur quelques points, en précisant que je ne me fais aucunement le porte-parole de la délégation de négociation, qui ignore d'ailleurs la teneur de mes propos de ce soir.

Tout d'abord, les négociations sur le résultat desquelles vous êtes appelés à vous prononcer n'ont pas été demandées par l'AIIC. Ce sont nos interlocuteurs de l'UE qui en ont pris l'initiative. Dans un tel cas de figure, les demandeurs exposent leurs revendications, et l'autre partie (en l'occurrence, l'AIIC) se retrouve davantage sur la défensive. Qui plus est, négocier dans de telles circonstances exige de trouver un équilibre hors du commun entre la préservation de l'acquis et la recherche de solutions pragmatiques, surtout face à un employeur d'un poids considérable et dans un secteur où les intérêts de chacun sont susceptibles de diverger de ceux de ses voisins.

L'issue de ces négociations constitue un tout aussi équilibré que possible, non seulement en soi, mais aussi au regard de ce qu'il fallait préserver avant tout, c'est-à-dire la Convention, son caractère unique et les avantages et statuts qu'elle nous confère. Il est tout à fait compréhensible que certains ne soient pas satisfaits de tel ou tel aspect du résultat final. Ils ont d'ailleurs utilisé les procédures démocratiques qui sont les nôtres pour le faire savoir ; je tiens à les féliciter pour le ton objectif et factuel qu'ils ont toujours maintenu, alors que nous savons, hélas par expérience, combien il est facile de déraper vers les querelles de personne ou les débordements verbaux en tout genre. Par le biais de lettres, de forums de discussion et de pétitions, ils ont fait entendre leurs questions, leurs inquiétudes et leurs objections, qui ont utilement alimenté le débat qui doit toujours précéder une décision en sectorielle.

De l'autre côté, la délégation de négociation ne s'est pas contentée de négocier, ce qui aurait déjà été une performance méritoire. Non, elle a aussi et constamment accompagné son action d'un effort d'information quasiment sans exemple. Le Président a été tenu informé à la moindre étape du processus, le Conseil a longuement entendu une porte-parole de la délégation de négociation venue lui expliquer son travail, l'ensemble du secteur a eu accès à l'intégralité des textes négociés amplement à l'avance, on ne compte plus le nombre de réunions d'information, et la diffusion d'informations factuelles s'est poursuivie jusqu'au dernier moment par le biais de « FAQ » répondant dans le détail à toutes les questions posées par les membres du secteur.

Dans ces circonstances, je n'ai pas de mots pour exprimer ma reconnaissance et même mon admiration à tous les membres de la délégation de négociation, qui se sont investis dans leur tâche avec abnégation, courage, dévouement, endurance et sang-froid. Ils ont certainement eu des moments de découragement, mais jamais ils n'ont baissé les bras. Ils sont certainement passés par des phases de crainte ou de désarroi, mais jamais ils ne l'ont fait sentir. Ils sont certainement physiquement et nerveusement à bout de forces, mais pas un instant ils n'ont relâché leurs efforts. Leur engagement a été le plus grand atout de ces négociations, et permet aujourd'hui au secteur de disposer d'un pôle rassemblant connaissances, savoir-faire tactique et stratégique et réseau de contacts. Sachons écouter la sagesse de leurs propos, car ils ont largement prouvé que les intérêts qu'ils n'ont jamais cessé de défendre étaient et sont ceux de l'ensemble de notre profession.

B. Krémer
14 mai 2008


Recommended citation format:
Benoît KREMER. "Message du Président à la sectorielle UE, 27 mai 08". aiic.net June 3, 2008. Accessed July 7, 2020. <http://aiic.net/p/2980>.



There are no comments to display