Interprèter n'est pas traduire

Que font les interprètes derrière la vitre de leur cabine ? Quelles sont les aptitudes et compétences de ces passeurs de sens, qui permettent aux interlocuteurs et publics de cultures et de langues différentes de se comprendre ?

L’activité de l’interprète  se déroule oralement et dans un contexte spécifique où il transpose un message exprimé dans une langue vers une autre. Le terme de « traduction » désigne l’activité qui consiste à transposer un texte écrit d’une langue dans une autre. L’activité de l’interprète, elle, se déroule oralement et dans un contexte spécifique. Dans les deux cas, il ne s’agit pas d’un transcodage de mots d’une langue dans une autre, et dans les deux cas, le travail intellectuel requis présente des similitudes. Néanmoins, l’interprétation présente quelques différences notables avec la traduction.

L’oralité

L’interprétation repose sur l’oralité, tandis que la traduction porte sur l’écrit. De ce fait, l’interprétation emprunte des canaux linguistiques spécifiques : les propos de l’orateur sont tenus oralement, passent par la voix et la prosodie, utilisent également la rhétorique, la gestuelle et l’intonation.

Les contraintes temporelles

L’interprétation se déroule en temps réel (simultanée) ou quasi réel (consécutive). L’interprète n’a donc matériellement pas le loisir de recourir aux sources documentaires qu’utilisent les traducteurs dans leur travail. Le rôle de la préparation avant chaque mission est donc d’autant plus essentiel pour l’interprète.

Autre contrainte temporelle : le rythme intense imposé à l’interprète pour réceptionner l’information, la comprendre, la gérer et la restituer. Un traducteur peut traduire 2000 à 3000 mots par jour, tandis qu’un interprète est tenu de suivre un rythme de quelque 150 mots par minute…

La situation de communication

En interprétation, l’acte de communication est immédiat, et suppose donc l’interaction entre orateurs, délégués et interprètes. La traduction, elle, présente toujours un décalage entre la production par l’auteur, en amont, et la réception par les lecteurs, en aval.

Par ailleurs, le travail des traducteurs implique souvent un tête-à-tête prolongé avec le texte, tandis que les interprètes, qui travaillent en équipes et dans une réunion précise, sont confrontés à des individus qui s’expriment et communiquent dans l’instant.

L’interprétation n’est donc pas un métier de langues, mais bien un métier d’information et de communication.


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AIIC. "Interprèter n'est pas traduire". aiic.net May 8, 2010. Accessed August 26, 2019. <http://aiic.net/p/5865>.