Glossaire de l'interprétation

Tous les concepts, sigles et abbréviations utiles pour comprendre le monde de l'interprétation de conférence.

Abréviations

  • CEB Conseil des Chefs de Secrétariat des Organismes des Nations Unies pour la Coordination (en anglais CEB); à l'ONU, organisme de coordination inter-institutions au niveau duquel l'AIIC négocie l'accord régissant les conditions de travail et de rémunération dans le secteur des organisations du système des Nations Unies.
  • CPIC Caisse de Prévoyance des Interprètes de Conférence.
  • CPIT Caisse de Pensions des Interprètes et Traducteurs de Conférence.
  • DSA Daily subsistence allowance (indemnité de séjour)
  • GUF Global Union Federations. Il s'agit des fédérations syndicales internationales. L'AIIC a conclu un accord avec certaines d'entre elles.
  • ILS Interprètes de langues des signes.
  • JMIC Joint Meeting Industry Council ; rassemblement de plusieurs associations d'organisateurs de conférences, de palais de congrès, de villes de congrès, etc. (l'AIIC en fait partie).
  • PCO Professional Conference Organiser : organisateur professionnel de conférence ; il s'agit d'une personne physique (pas nécessairement interprète elle-même) ou d'une personne morale qui, recrutant souvent des interprètes pour le compte de divers clients (par ex. palais des congrès), préfèrent conclure en leur nom le contrat de recrutement des interprètes.

Accord

Un accord est une convention négociée par l'AIIC au nom de tous les interprètes, membres ou non, avec un grand organisateur (Union européenne, Nations Unies, etc.).

Il existe des accords avec :

  • les organisations du système des Nations Unies (la liste des organisations est indiquée dans l'accord);
  • l'Union européenne (Cour de Justice des Communautés, Parlement européen, Commission, Cour des Comptes);
  • certains GUF (voir sous « abréviations ») (la liste des GUF est indiquée dans l'accord);
  • les Organisations coordonnées (Conseil de l'Europe, Otan, Agence Spatiale Européenne);

Adresse professionnelle

L'adresse professionnelle est le lieu (généralement une grande ville) où l'interprète exerce principalement son activité.

Dans le secteur conventionné, l'interprète n'a qu'une adresse professionnelle à partir de laquelle lui sont remboursés, le cas échéant, ses frais de déplacement (voir voyages, indemnités de séjour, per diem, per noctem) ; pour l'AIIC ainsi que pour les organisations avec lesquelles l'AIIC a conclu un accord, l'interprète peut en changer, mais au maximum tous les six mois en donnant un préavis au Secrétariat.

La notion d'adresse professionnelle ne coïncide pas nécessairement avec celle de domicile (réel ou fiscal).

Bidule

Il s'agit d'un équipement mobile permettant de travailler en chuchotée pour plusieurs personnes à la fois ; l'interprète, non isolé du reste de la salle, est uniquement muni d'un microphone et parfois d'écouteurs.

L'avantage du bidule est qu'il est maniable (il permet donc de se déplacer avec les auditeurs si nécessaire) ; son inconvénient tient à ce qu'il ne permet pas d'isolation phonique. Il est donc recommandé de ne l'utiliser que pour un petit nombre de participants ou/et dans une salle à l'acoustique appropriée, ou/et lorsque les conditions de la réunion l'exigent (petites réunions itinérantes, visites d'usines, de musées.. où l'installation de cabines d'interprétation ou l'utilisation de l'interprétation consécutive ne seraient pas possibles).

En tout état de cause, l'utilisation d'un bidule ne justifie pas la réduction du nombre de personnes composant l'équipe.

Cabine

La cabine est le lieu où les interprètes exercent leur métier en simultanée. Puisqu'ils sont appelés à y séjourner de longues heures par jour, et à y donner le meilleur d'eux-mêmes, les cabines doivent répondre à des normes en matière de dimensions, d'aération, d'accessibilité, etc. On appelle également cabine l'ensemble des interprètes qui travaillent vers une langue donnée (ex. « la cabine française »).

Voir aussi :

  • Concabin(e)
  • Chef de cabine
  • Equipement
  • Cabine mobile
  • Cabine fixe
  • Normes ISO

Cabine fixe

On appelle cabines fixes les cabines d'interprétation construites en dur dans ou pour une salle de réunion.

Voir aussi :

  • Normes ISO
  • Cabine mobile
  • Cabine

Cabine mobile

On appelle cabines mobiles les cabines d'interprétation composées d'éléments démontables, qui s'installent dans les salles de réunion de manière ad hoc.

Voir aussi :

  • Normes ISO
  • Cabine
  • Cabine fixe

Chef d'équipe

Dans une équipe, le chef d'équipe est chargé d'assurer la cohésion des interprètes, la liaison avec l'organisateur de la conférence, le règlement des problèmes ponctuels, les contacts avec les orateurs (en vue d'obtenir des informations, de les sensibiliser aux difficultés et besoins des interprètes, etc.).

Il canalise les demandes des uns et des autres, et évite ainsi que le bon déroulement de la réunion ne soit perturbé par des interventions de la part des interprètes agissant en ordre dispersé.

Chef de cabine

Dans certaines organisations internationales, le chef de cabine est un interprète chevronné désigné à ce poste par le chef-interprète de l'organisation et chargé de l'aider dans le recrutement des interprètes de sa cabine ainsi que dans la composition générale des équipes en fonction des combinaisons linguistiques requises.

Chef-interprète

Dans une organisation, le chef-interprète est la personne qui est chargée de répondre aux besoins linguistiques de l'organisation, et donc de constituer des équipes d'interprètes. Si celui qui assume ces fonctions n'est pas ou n'a pas été interprète lui-même, il est appelé recruteur, chef du service des conférences, chef du service linguistique, etc.

Cheval

Ce terme désigne un interprète dont la combinaison linguistique comporte deux langues actives, et qui, tel un cheval, "sautera" donc d'une cabine à l'autre selon les besoins.

Chuchotée

L'interprétation chuchotée est un mode de travail dans lequel l'interprète, assis à côté d'un ou de deux participants à une réunion, leur chuchote l'interprétation des propos de l'orateur. Ce mode est essentiellement choisi lorsque le nombre d'auditeurs ayant besoin de l'interprétation est très réduit. Il est déconseillé dès que ce nombre dépasse les deux personnes, ou que plusieurs interprètes sont appelés à travailler en même temps dans la même salle pour couvrir des langues différentes (ce qui pourrait créer un brouhaha aussi désagréable pour les participants que pour les interprètes).

En chuchotée, l'équipe se compose au minimum de deux interprètes. Cette technique, éprouvante tant pour les cordes vocales des interprètes que pour les oreilles des délégués, n'est appropriée que pour des réunions de courte durée.

Code d'éthique professionnelle

Le Code d'éthique professionnelle est l'un des Textes fondamentaux de l'AIIC. Il énonce, notamment, les trois principes fondamentaux du secret professionnel, du professionnalisme et de la confraternité.

Combinaison linguistique

La combinaison linguistique de l'interprète indique sa ou ses langues A, B et/ou C. Elle permet ainsi de procéder au recrutement en fonction des langues actives (=parlées) ou passives (=écoutées) de la conférence.

Voir aussi :

  • Retour
  • Langue C
  • Langue B
  • Langue A
  • Relais

Composition des équipes

Au sens large, il s'agit de la manière de composer une équipe en fonction des langues actives et passives de la réunion. Souvent appelée par son terme anglais de « manning strength », la composition des équipes désigne aussi au sens strict le tableau des effectifs, c'est-à-dire le nombre d'interprètes requis dans une équipe donnée, en fonction des langues, de la combinaison linguistique des interprètes et des nécessités éventuelles du relais.

Des formules et des tableaux figurant dans les Textes fondamentaux (Normes professionnelles) permettent de connaître le nombre exact requis dans chaque cas de figure.

Voir aussi :

  • Equipe

Concabin(e)

Nom donné par plaisanterie et par allusion aux « concubins » aux interprètes travaillant ensemble dans une même cabine.

Confidentialité

La confidentialité est l'un des principes essentiels dont se réclame l'interprète AIIC. Celui-ci respecte les règles de la confidentialité la plus stricte, afin de préserver les informations importantes dont il aurait eu connaissance contre toute ingérence de tiers non autorisés, et de protéger sa réputation envers ses clients successifs.

Le Code d'éthique professionnelle précise les conditions de la confidentialité dans le cadre du secret professionnel.

Confraternité

Avec le secret professionnel et le professionnalisme, la confraternité est le troisième pilier du Code d'éthique professionnelle de l'AIIC.

Cette notion recouvre plusieurs éléments :

  • la solidarité entre tous les interprètes, qui appelle une attitude de soutien professionnel réciproque avant et pendant les réunions ;
  • la solidarité avec les décisions prises à la majorité des membres de l'AIIC, dans le respect des règles de la démocratie ;
  • l'entraide et la convivialité au cours de la conférence, qui assure la cohésion de l'équipe et le bon déroulement de la réunion ;
  • l'engagement à ne pas porter atteinte à la renommée de la profession ou de l'Association ;
  • l'engagement à tenter de résoudre les conflits à l'amiable.
  • C'est également dans un esprit de confraternité qu'a été créé le Fonds de solidarité, destiné à venir financièrement en aide aux membres de l'AIIC en difficulté.

Consécutive

En interprétation consécutive, l'interprète, assis à la même table que les délégués ou à la tribune avec l'orateur, interprète son intervention dans la langue cible au terme d'un laps de temps variable. A cet effet, il peut s'aider de notes (voir prise de notes).

Contrat

L'AIIC recommande la conclusion d'un contrat écrit pour la détermination des conditions de travail et de rémunération dans le secteur non conventionné et dans le marché privé. Le Secrétariat central met à la disposition des candidats et des membres, sur le site Internet, des formulaires de contrat-type internationaux. Le Secrétariat régional de chaque région met à la disposition des membres des formulaires adaptés à la région considérée.

L'AIIC recommande la conclusion d'un contrat direct avec l'organisateur de la conférence, afin d'assurer la transparence budgétaire pour celui-ci. Notons que la personne qui signe un contrat s'engage à l'honorer, donc notamment à rémunérer les interprètes ainsi recrutés ; cette possibilité est offerte, à titre exceptionnel, aux organisateurs professionnels de conférence (ou PCO). Dans le secteur conventionné, les contrats sont également utilisés ; ils servent cependant essentiellement à confirmer l'engagement, puisque les autres conditions sont déjà réglées par l'accord correspondant.

Les clauses d'un contrat devraient porter sur les éléments suivants :

  • nom de l'organisateur et de l'interprète
  • titre, durée, lieu et date de la réunion
  • combinaison linguistique pour laquelle l'interprète est recruté
  • conditions techniques (cabine mobile ou fixe, technicien responsable)
  • montant des honoraires et, s'il y a lieu, des approche/déproche/per diem/voyage, etc.
  • une clause d'annulation

Voir aussi :

  • Option

Convivialité

Bien que n'étant pas inscrite dans les textes, la convivialité est une notion importante, puisque les interprètes sont souvent appelés à partager pendant plusieurs heures un espace de travail réduit.

Relève de la convivialité toute une série de petits détails qui vont de soi, mais qui font parfois toute la différence : ponctualité, bonne préparation des documents, tenue vestimentaire appropriée, hygiène personnelle, discrétion et réserve, coopération personnelle et professionnelle en cabine, etc. En revanche, faire preuve de convivialité ne signifie pas « jouer  des coudes » pour se faire recruter plus souvent que d'autres…

Demande de disponibilité

Une personne (chef-interprète, interprète-conseil, recruteur, collègue, PCO, client privé) souhaitant recruter un interprète peut lui demander, soit ponctuellement pour une date précise, soit en termes généraux pour une période donnée, s'il est encore disponible.

Cette demande de disponibilité, parfois appelée option, ne doit pas être considérée comme une offre de travail, ni a fortiori comme un contrat. Elle n'engage donc ni le demandeur, ni l'interprète.

Discipline au micro

Les microphones ont tendance à amplifier non seulement la voix de l'interprète, mais aussi l'ensemble des bruits faits en cabine autour de lui (froissement de papiers, portes qui s'ouvrent ou se ferment, toux du concabin, voire frottement du stylo sur la table de travail).

Il est donc recommandé de faire preuve d'une grande discipline (que l'on soit ou non en train de travailler soi-même) afin d'épargner les oreilles des auditeurs.

Double relais

On appelle double relais l'activité par laquelle la langue de l'orateur aboutit à l'auditeur au terme de deux interprétations successives. Exemple : l'orateur s'exprime en hongrois, le hongrois est interprété en allemand, et l'allemand est ensuite interprété en anglais.

Le double relais, parfois inévitable dans le cas de certaines langues dites « rares » ou pour lesquelles les interprètes professionnels existants ne travaillent que vers une langue, présente la difficulté inhérente d'aggraver les risques de déformation du message initial. Il doit être évité dans toute la mesure du possible.

Voir aussi :

  • Relais

Droit d'auteur

L'interprétation ne peut être enregistrée sans l'autorisation expresse des interprètes. Dans le secteur non conventionné, en fonction des buts poursuivis par cet enregistrement (par ex. à des fins administratives ou commerciales), des rémunérations distinctes peuvent être dues, conformément aux conventions internationales régissant le droit d'auteur.

Ecole d'interprètes

La formation des interprètes se déroule soit sur le tas, soit dans le cadre d'une école spécialisée (cette dernière voie étant de nos jours la plus fréquente). L'AIIC recommande la formation dans une filière universitaire post-grade, par des enseignants eux-mêmes interprètes de conférence, donc en prise directe avec la réalité du marché.

Cette formation doit également se concentrer sur les techniques d'interprétation, et considérer la connaissance des langues comme un préalable acquis. Sur la base de ces critères, la Commission de la Formation établit une liste d'écoles recommandées assorties d'une évaluation.

Equipe

La notion d'équipe est très importante en interprétation de conférence. L'essentiel des conférences se déroulant en simultanée, l'interprète n'intervient donc jamais seul, mais toujours avec un ou plusieurs collègues.

Il est donc essentiel de veiller non seulement à la bonne composition de l'équipe en ce qui concerne les besoins linguistiques de la réunion, mais aussi à la cohésion interne de l'équipe, afin de contribuer activement et positivement au bon déroulement de la conférence.

Equipement

En consécutive, l'interprète a surtout besoin d'une bonne mémoire, d'un bloc-notes et d'un (ou de plusieurs) stylo(s) en état de marche ! En simultanée, une part importante de sa prestation est tributaire de la qualité de l'équipement avec lequel il travaille : organisation de la cabine, accès, vue, écouteurs, microphones, qualité du son, disponibilité et efficacité du technicien, etc.

Voir aussi :

  • Normes ISO

Frais d'approche/de déproche

On appelle traditionnellement frais d'approche les indemnités versées pour dédommager l'interprète pour le temps qu'il consacre au voyage de son adresse professionnelle vers le lieu de la conférence.

On appelle traditionnellement frais de déproche les indemnités versées à l'interprète pour le temps qu'il consacre à retourner à son adresse professionnelle à la fin d'une conférence. Dans le secteur conventionné, ces frais sont régis par l'accord correspondant. Dans le secteur non conventionné, ils doivent être convenus d'entente entre l'interprète et son client.

Voir aussi :

  • Honoraires
  • Voyages

Freelance

Un interprète de conférence freelance est un interprète engagé de manière non permanente. Il travaille pour des employeurs multiples, en fonction de la demande et de ses compétences. Dans la plupart des secteurs conventionnés (Nations Unies, Parlement européen, etc.), l'interprète freelance est assimilé, pour la durée de son contrat, à un membre du personnel (agents, fonctionnaires) de l'organisation concernée.

La qualité de freelance signifie que l'interprète est libre d'accepter ou de refuser des propositions, qu'en dehors de la durée de ses contrats, il n'est assujetti à personne, et qu'il est lui-même responsable de ses obligations fiscales et en matière de charges sociales (sous réserve de certains statuts tels que, par ex., celui de salarié à employeurs multiples en France).

Voir aussi :

  • Permanent

Groupement d'interprètes

Certains interprètes freelance se réunissent pour former des groupements ou cabinets d'interprètes, dotés d'une structure juridique propre et assurant des services de secrétariat pour leurs membres.

Honoraires

Les honoraires au sens strict sont la somme destinée à rémunérer l'interprète pour la prestation qu'il fournit lors de la conférence. Dans le secteur conventionné, la rémunération est régie par l'accord correspondant et tient compte des conditions de travail, du temps de préparation, des éventuelles exemptions fiscales, etc.

Dans le secteur non conventionné, les honoraires sont fixés d'entente entre l'interprète et son client. L'expérience montre que l'interprète ne travaille pas 365 jours par an, qu'il est assujetti à d'importantes charges sociales personnelles, qu'il consacre le plus souvent de nombreuses journées à la préparation de la conférence (sans même parler de la longueur des études et du caractère astreignant de la concentration requise pendant le travail).

Ces critères sont généralement utilisés par l'interprète pour fixer le niveau de rémunération de son travail qu'il juge approprié.

Indemnité de séjour

L'indemnité de séjour est destinée à couvrir les frais encourus par le séjour de l'interprète hors de son adresse professionnelle à l'occasion d'un engagement professionnel. Il peut s'agir, entre autres, d'une indemnité forfaitaire par jour ou d'un arrangement par lequel l'organisateur de la conférence prend en charge tout ou partie de l'hébergement de l'interprète.

Dans le secteur conventionné, ces indemnités sont régies par l'accord correspondant. Dans le secteur non conventionné, elles doivent être convenues d'entente entre l'interprète et son client.

Voir aussi :

  • Per diem
  • Per noctem

Interprète-conseil

Certains interprètes, dits interprètes-conseils, choisissent, parallèlement à l'exercice de leur profession, de se tenir à la disposition d'organisateurs de conférences ou de clients potentiels, en vue de leur proposer la constitution d'équipes.

Ils jouent à cet égard un rôle de centralisation des demandes et sont appelés à recruter d'autres interprètes, mais aussi à conseiller les clients afin de parvenir à la meilleure adéquation possible entre les besoins de l'organisateur et les exigences de l'interprétation.

Jour chômé

Un jour chômé est un jour pendant lequel l'interprète n'est pas appelé à travailler, mais qui est inclus dans son contrat et donne à ce titre droit à rémunération. Ce système est notamment utilisé lorsqu'un même organisme recruteur a besoin de l'interprète pour plusieurs sessions successives séparées par un ou plusieurs jours sans travail.

Langue A

La langue A est la langue maternelle de l'interprète (ou une autre langue rigoureusement équivalente) vers laquelle il travaille à partir de toutes ses autres langues de travail, généralement dans les deux modes d'interprétation : simultanée et consécutive.

Langue active

Pour un interprète, on appelle langue(s) active(s) la ou les langue(s) vers laquelle ou vers lesquelles il est à même d'assurer un travail professionnel. Dans une réunion, on appelle langue(s) active(s) (ou langue de cabine) la ou les langue(s) vers laquelle ou vers lesquelles l'interprétation est assurée.

Voir aussi :

  • Langue passive
  • Langue A
  • Langue B

Langue B

La langue B est une langue dont l'interprète, sans qu'elle soit sa langue maternelle, a une maîtrise parfaite et vers laquelle il travaille à partir d'une ou de plusieurs de ses autres langues. Certains interprètes ne travaillent vers cette langue que dans un des deux modes d'interprétation.

Langue C

La langue C est une langue dont l'interprète a une compréhension totale et à partir de laquelle il travaille. Il arrive fréquemment qu'un interprète ait plusieurs langues C.

Langue des signes

Les langues des signes sont des langues naturelles qui servent à l'expression des sourds dans les différentes communautés; il y en a autant (voir plus) que de langues orales parlées dans les divers pays. Les interprètes de langues des signes sont souvent appelés à travailler dans un contexte de services publics (tribunaux, contexte médical, relations administratives, contexte scolaire, etc.).

Néanmoins, l'Assemblée de l'AIIC (2012) a officiellement reconnu que les interprètes en langues des signes qui exercent en tant qu'interprètes de conférence avaient vocation à adhérer à l'AIIC aux mêmes conditions que les interprètes de conférence de langues orales.

Langue passive

Pour un interprète, on appelle langue(s) passive(s) (ou langue de salle) la ou les langue(s) à partir de laquelle ou desquelles il est à même d'assurer un travail professionnel. Dans une réunion, on appelle langue(s) passive(s) la ou les langue(s) à partir de laquelle ou desquelles l'interprétation est assurée, vers la ou les langue(s) active(s).

Il peut ainsi y avoir dans une réunion plus de langues passives que de langues actives. Exemple : si l'on souhaite que l'interprétation soit assurée vers l'anglais à partir du français, de l'allemand et de l'arabe, l'anglais sera dite langue active, le français, l'allemand et l'arabe langues passives pour cette réunion. Inversement, il peut aussi y avoir plus de langues actives que de langues passives si un conférencier anglais doit être traduit en français, allemand et arabe.

Voir aussi :

  • Langue active
  • Langue C

Normes ISO

Avec le concours de l'AIIC, l'ISO (Organisation internationale de normalisation) et la CEI/IEC (Commission électrotechnique internationale) ont a publié des normes relatives à l'interprétation. La norme relative aux cabines fixes est la norme ISO 2603, celle relative aux cabines mobiles est la norme ISO 4043. Celle relative aux systèmes électriques et audio est la CEI 60914.

Option

Une option est une demande préliminaire ou provisoire faite à un interprète par un recruteur (chef-interprète, interprète-conseil, PCO, collègue, client direct, etc.) en vue de déterminer, sans engagement juridique, (a) que le recruteur a éventuellement l'intention de recruter l'interprète, et (b) que l'interprète est disponible aux dates concernées au moment de la demande.

Pour éviter malentendus ou abus, il est recommandé dans tous les cas de faire préciser par le demandeur s'il s'agit d'une option ou d'une offre ferme, et s'il s'agit d'une option, de faire indiquer le délai dans lequel elle sera annulée ou transformée en offre d'engagement. Il est également recommandé de ne pas faire figurer les options parmi les disponibilités.

Le recruteur potentiel doit savoir que l'option ne lie ni l'une, ni l'autre partie, et que l'interprète s'engage uniquement à informer ce recruteur potentiel qu'il a entre-temps accepté un autre contrat, le cas échéant.

Voir aussi :

  • Demande de disponibilité

Per diem

Cette locution recouvre les indemnités versées à l'interprète par jour d'absence de son adresse professionnelle. Le terme de per noctem est plus exact, puisqu'il fait référence aux nuitées d'hôtel.

Voir aussi :

  • Indemnité de séjour
  • Per noctem

Per noctem

Cette locution recouvre les indemnités versées à l'interprète par nuit d'absence de son adresse professionnelle.

Voir aussi :

  • Per diem
  • Indemnité de séjour

Permanent

Un interprète permanent est employé/fonctionnaire/agent d'une organisation. A ce titre, il perçoit un salaire et est régi par le règlement du personnel applicable; il est placé sous l'autorité du chef-interprète ou du chef de service d'interprétation de l'organisation. La qualité de membre de l'AIIC est ouverte aux permanents, qui sont représentés par la Commission des Permanents.

Voir aussi :

  • Freelance

Perroquet

Contrairement aux apparences, le terme de perroquet ne désigne pas une catégorie d'interprètes (!), mais une sorte de haut-parleur incorporé à une console technique, qui permet aux interprètes d'une cabine qui ne travaille pas d'écouter la discussion dans la salle de réunion sans porter les écouteurs sur les oreilles.

Pivot

Lorsque la technique du relais est utilisée, on appelle pivot l'interprète qui travaille non seulement pour les auditeurs souhaitant écouter sa langue-cible, mais aussi pour d'autres interprètes qui le prennent en relais. Le rôle d'un pivot est encore plus astreignant que celui d'un interprète « normal », puisque l'interprète-pivot sait que ses collègues sont totalement tributaires de la qualité de son travail.

Prévoyance

Les interprètes freelance qui travaillent dans les secteurs conventionnés sont au bénéfice de régimes de prévoyance qui comportent une part versée par l'employeur et une part versée par l'interprète; selon l'accord en question, ces dispositions sont obligatoires ou facultatives.

Dans le secteur non conventionné, il incombe à chacun d'assurer sa propre prévoyance. Certaines caisses sont spécialement conçues pour les interprètes de conférence (CPIC, CPIT).

Prise de notes

En interprétation consécutive, la prise de notes est un élément essentiel du travail. Elle consiste à symboliser sur une feuille de papier la logique et la structure du discours, afin de pouvoir soutenir le travail de la mémoire.

La prise de notes est éminemment individuelle ; certains interprètes utilisent beaucoup de symboles, d'autres préfèrent les dessins, d'autres encore s'en tiennent à certains mots; la quantité de détails notée est elle aussi éminemment variable, tout comme le choix du bloc-notes, de la langue dans laquelle sont prises les notes, etc.

Professionnalisme (1)

Deuxième pilier du Code d'éthique professionnelle, le professionnalisme recouvre plusieurs éléments.

  1. l'interprète s'engage à fournir une prestation professionnelle, correspondant à sa formation, à ses qualifications, à son expérience, à sa combinaison linguistique et à son degré de préparation;
  2. l'interprète refuse toute offre qui ne correspondrait pas à ces critères;
  3. l'interprète aspire à améliorer sans cesse la qualité de son travail, notamment par l'étude constante et approfondie de ses langues de travail et par toute activité de formation professionnelle, personnelle ou continue.

Professionnalisme (2)

On peut également considérer que toutes les mesures prises par un interprète pour faciliter ses relations avec l'extérieur, et notamment avec les recruteurs, relèvent du professionnalisme au sens large.

Cela peut recouvrir aussi bien des équipements matériels (cartes de visite, cartes de disponibilité, fax, répondeur téléphonique, courrier électronique, notes d'honoraires) que des attitudes (courtoisie, réserve, réponses rapides, etc.).

Pupitres interprètes

Souvent appelés "console", il s'agit de l'équipement permettant à l'interprète de régler le son qui parvient à ses écouteurs, de choisir les canaux d'arrivée (langue écoutée) et de sortie (langue d'interprétation).

Radiateurs infra-rouges

Equipement qui permet la transmission du signal sonore vers les récepteurs par rayonnement infrarouge.

Récepteurs infra-rouge

Récepteurs fonctionnant par rayonnement infrarouge, fournis aux délégués d'une conférence pour leur permettre d'écouter la langue de leur choix.

Recrutement

Le recrutement est la procédure par laquelle un interprète freelance obtient du travail.

Voir aussi :

  • Chef-interprète
  • Demande de disponibilité
  • Interprète-conseil
  • Equipe
  • Recruteur
  • Option

Recruteur

Terme générique désignant toute personne qui constitue une équipe d'interprètes.

Voir aussi :

  • Chef-interprète
  • Interprète-conseil
  • Equipe
  • Recrutement

Relais

Le relais est l'activité par laquelle la langue d'aboutissement écoutée par les auditeurs est le résultat d'une double interprétation : l'orateur est tout d'abord traduit dans une langue, qui est à son tour traduite vers une seconde langue.

L'AIIC déconseille le recours au relais, en raison des dangers d'erreurs susceptibles de s'accumuler dès que les intermédiaires deviennent plus nombreux ; néanmoins, cette technique s'avère parfois inévitable pour certaines langues.

Voir aussi :

  • Pivot
  • Double relais

Remplacement

L'interprète est recruté en raison de ses compétences individuelles, de son expérience, de sa combinaison linguistique, etc. S'il doit se faire remplacer, cela ne saurait donc être pour convenances personnelles ou pour accepter une autre conférence plus intéressante, mais seulement si les circonstances l'exigent impérativement. Dans ce cas, il avertit le recruteur dans les meilleurs délais ; il est également d'usage que l'interprète se tienne à sa disposition pour l'aider à trouver un collègue adéquat.

Retour

Le terme de retour recouvre le travail bidirectionnel d'un interprète capable d'interpréter d'une langue vers une autre et de cette autre langue vers la première.

Secret professionnel

Premier élément du Code d'éthique professionnelle, le secret professionnel est destiné à protéger l'organisateur de la conférence contre toute « fuite » d'informations confidentielles, tant lors de la réunion qu'ultérieurement, ainsi qu'à établir de manière manifeste l'indépendance et la neutralité de l'interprète.

Le secret professionnel est total : il touche tout ce qui n'est pas public (donc, le cas échéant, jusqu'à la question même de savoir si la réunion se tient ou non, son lieu, ses participants, etc.), et notamment les informations qui s'échangent au cours de la conférence.

Le secret professionnel est absolu : il reste valable depuis le recrutement de l'interprète jusqu'à son décès, et s'applique à l'égard de quiconque. L'apparition de nouvelles technologies, réseaux sociaux etc. ne délie en rien l'interprète de l'obligation de respecter le secret professionnel. Certaines législations assimilent le secret professionnel de l'interprète au secret médical ou à celui de la confession.

Simultanée

En interprétation simultanée, l'interprète, assis dans une cabine ayant vue directe sur la salle et sur l'orateur, écoute celui-ci et interprète simultanément son intervention dans une langue cible. La simultanée exige une cabine (fixe ou mobile) répondant aux normes ISO d'isolation acoustique, de dimensionnement, d'aération et d'accessibilité, ainsi qu'un équipement (écouteurs, microphone) approprié.

Tableau des effectifs

Les tableaux des effectifs, destinés à protéger la qualité de la pratique professionnelle ainsi que la santé des interprètes, déterminent le nombre d'interprètes dans une équipe, en fonction du nombre de langues, de la durée et de la complexité de la réunion.

Technicien

Le technicien est une personne extrêmement importante pour l'interprétation, puisque c'est de son équipement, de son travail et de son efficacité que dépend dans une grande mesure la qualité de la prestation de l'interprète telle qu'elle parvient aux oreilles de l'auditoire.

Les techniciens ne sont pas aux ordres des interprètes, mais doivent être considérés comme des auxiliaires indispensables avec lesquels des relations de confiance et de respect mutuel doivent s'instaurer.

Voir aussi :

  • Normes ISO
  • Cabine

Visioconférence

On appelle visioconférence toute conférence dont les participants se trouvent simultanément en plusieurs endroits et sont reliés ensemble par des moyens techniques.

L'AIIC a énoncé des instructions précises (notamment en matière de moniteurs vidéo et de qualité du son) pour que les visioconférences puissent, malgré les contraintes techniques, respecter les conditions permettant de préserver la qualité du travail des interprètes.

L'AIIC publie le Code d'utilisation des nouvelles technologies en matière d'interprétation de conférence.

Voix

La voix est un élément essentiel du travail de l'interprète. Celui-ci doit soigner aussi bien son timbre que sa diction et son articulation, afin d'assurer à l'auditeur une écoute agréable et, d'autre part, veiller à ménager son instrument de travail (par une maîtrise du souffle et de la respiration) afin de pouvoir l'utiliser pendant toute sa carrière.

Voyages

L'interprète de conférence est souvent appelé à voyager pour raisons professionnelles. Dans les secteurs conventionnés, l'accord applicable régit également les conditions de voyage et les modalités de remboursement des frais connexes.

Dans le Secteur Marché privé, l'interprète est bien avisé d'exiger des conditions de voyage lui permettant un déplacement dont la fatigue ne porte pas atteinte à sa prestation de travail. Il est notamment indiqué de réserver des titres de transport qui ne soient assortis d'aucune restriction, assurant ainsi à l'interprète la souplesse requise pour tenir compte de tous les imprévus éventuels.

Voir aussi :

  • Honoraires
  • Indemnité de séjour
  • Frais d'approche/de déproche

Webdiffusion

La transmission sur la Toile, en direct ou en différé, d'un contenu audio-visuel peut s'accompagner de la diffusion, en parallèle, de son interprétation simultanée dans une ou plusieurs autres langues


Recommended citation format:
AIIC. "Glossaire de l'interprétation". aiic.net June 25, 2012. Accessed January 19, 2020. <http://aiic.net/p/6216>.


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